02 mars 2009

Sacrée soirée...

J'ai été voir LE POINT SUR ROBERT de/avec LUCHINIEt c'était formidable.

luchini

Le spectacle s'ouvre sur Paul VALERY. “La plupart des hommes ont de la poésie une idée si vague, que le vague même de leur idée est pour eux la définition de la poésie.”

S'en suit une apologie passionnée de Roland BARTHES.

"Sur la figure parfaite et comme embaumée de l'autre (tant elle me fascine), j'aperçois tout à coup un point de corruption. Ce point est menu : un geste, un mot, un objet, un vêtement, quelque chose d'insolite qui surgit (qui se pointe) d'une région que je n'avais jamais soupçonnée, et rattache brusquement l'objet aimé à un monde plat. L'autre serait-il vulgaire, lui dont j'encensais dévotement l'élégance et l'originalité? Le voilà qui fait un geste par quoi se dévoile en lui une autre race. Je suis ahuri : j'entends un contre-rythme : quelque chose comme une syncope dans la belle phrase de l'être aimé, le bruit d'une déchirure dans l'enveloppe lisse de l'Image."

Fragments d'un discours amoureux (Rien que son livre de chevet pendant 20ans)

De nombreus fous rires grâce à Chrétien DE TROYES (et le réalisateur Eric ROHMER) pour leur Perceval. Luchini remercie Jean GENET pour cet “Assieds-toi sur ma bite et causons”. Tous ensemble.

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Il y a des poèmes de RIMBAUD, une lettre de FLAUBERT à Louise Colet. "L'amour, c'est l'infini mit à la portée des caniches."ça c'est de CELINE. Luchini imite ensuite le Chrysalde de Michel Bouquet dans Les femmes savantes de MOLIERE.

Et entre tout ça, "notre serviteur" papillonne, improvise, bouillonne, interagit et postillonne avec fougue. Du grand art!

Le spectacle se termine sur le Zarathoustra de NIETZSCHE. Comme par hasard...

Juste avant le spectacle, j'avais acheté cette revue sur Sarah KANE.

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Et au dos du livre : "La catastrophe amoureuse est peut-être proche de ce qu'on a appelé dans le champ psychotique, une situation extrême, qui est "une situation vécue par le sujet comme devant irrémédiablement le détruire" (Bruno Bettelheim) ; l'image en est tirée de ce qui s'est passé à Dachau. N'est-il pas indécent de comparer la situation d'un sujet en mal d'amour à celle d'un concentrationnaire de Dachau? L'une des injures les plus inimaginables de l'Histoire peut-elle se retrouver dans un incident futile, enfantin, sophistiqué, obscur, advenu à un sujet confortable, qui est seulement la proie de son imaginaire? Ces deux situations ont néanmoins ceci de commun : elles sont, à la lettre, panique ; ce sont des situations sans reste, sans retour : je me suis projeté dans l'autre avec une telle force que, lorsqu'il me manque, je ne puis plus me rattraper, me récupérer : je suis perdu, à jamais."

Roland BARTHES Fragments d'un discours amoureux.

Et ça, c'est du hasard? ^^

Posté par fliwer à 00:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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