27 décembre 2009

Xavier DURRINGER

9782842601195

"Et il y a une définition que je ne comprends pas. C'est 'énervée'. Etre énervé, c'est être sans nerfs. Alors que moi j'ai l'impression d'en avoir trop et qu'ils se tendent, véritables tendeurs crochetés au bout. Certains, certaines vous ne pouvez pas savoir comme vous m'énervez, c'est difficile d'imaginer à quel point vous me mettez à bout, à vous étrangler en rêve dans un terrain vague, vous ne pouvez pas imaginer comme je vous méprise au fond de moi qu'il n'y a même plus de mots pour le dire. Du mépris, je passe aux insultes et à la colère, c'est très difficile de garder ses distances avec le mépris. Et là j'ai les nerfs qui craquent, ça je comprends et je me mets à pleurer nerveusement, à bout de nerfs.

C'est énervant de pleurer pour ces connards et je ne dirai pas ces connasses, je trouve ça très laid, c'est une figure de style je dirai pas, mais on le dit eh ben moi je le dis sans figure de style, toutes ces connasses, voilà ça fait du bien. Tous ces connards et ces connasses qui jour après jour vous pourrissent la vie, racontent des choses sur vous comme de petites vipères, sans rien savoir, ils partent de rien et arrivent à tout. Toutes leurs suppositions vont toujours dans le mauvais sens, toujours contre vous. Leurs regards plein de haine à couper au couteau, leurs jeux de mots faciles, la critique calembourgeoise, l'exaspéré continuel qui vous fusille du regard, leur facilité condescendante et j'en ai vu, des paquets, des groupes et des troupeaux de connards et d'abrutis. Comme des troupeaux d'éléphants et de girafes au Kenya. Ils se balladent en groupe majestueux de conneries, de sous-bois en sous-bois, se trimballant mine de rien lourds et poussifs, des cervelles de plomb, un paquet de cartes de visite toujours dans la poche.

IMGP1969

Et je travaille, je travaille pour arrêter de penser à tout ça, enfin je travaille sur moi, enfin je veux dire que je fais tout pour essayer d'enrayer ma rage contre tous ces abrutis.

Et je voulais dire à plein de monde que je les aime pour leur constance, leur humour, leur intelligence de coeur et leur finesse.

Voyez c'est ça le problème, mon problème, c'est que je passe d'un extrême à l'autre, ça manque d'équilibre, de nuances, mais j'y peux rien, c'est blanc ou noir, brûlant ou glacé, je connais pas le tiède ni le gris c'est tout mon problème, soit je mets les gens sur un piédestal soit je les enterre au plus profond... J'ai du mal à me situer, où je suis moi dans ce monde de sommets et de gouffres? Eh bien moi je crois que je suis sur le plancher des vaches, à ras de trottoir.

Un coup je pars en montagne au mont Blanc, j'escalade le sommet, enfin je fais des balades autour du mont Blanc, c'est une image le mont Blanc. C'est-à-dire que je sors avec mes amis. Mais comme souvent à la longue, on peut être déçu, même par ses amis, on s'évite de plus en plus. Non non je sais, j'ai une profonde névrose de ce côté-là. Je travaille là-dessus.

IMGP1978

J'ai toujours peur de décevoir ou qu'on me décoive et ça c'est terrible, une gifle quand ça m'arrive, une giclée d'encre sur le chemisier. Alors je suis un peu désespérément seule. Vous trouvez ça drôle d'aller s'acheter des fleurs pour soi-même? De se faire à manger, d'aller se coucher, de voir des belles choses et de ne pas pouvoir les partager? Je sais pas où toute cette mélasse a commencé. On dit la petite enfance mais je suis pas sûre. Moi je crois que ça a commencé beaucoup plus tard. Je crois à la première fêlure amoureuse. Voilà, moi je situe ça par là, aux environs... Je peux me tromper mais pour moi je dois pas être loin de toucher du doigt. J'aime pas me sentir trahie, c'est comme ça, je suis pas une tasse qu'on ébrèche. Je préfère pas me livrer pour pas être déçue. Alors j'ai mis des distances et des barrières et des ponts, des portes. Je m'isole.

Je ne crois plus en rien ni en personne. Je ne crois plus en moi non plus. Je me passe un disque et je regarde le ciel."

Miss_tic_enfile_art_mur_jnl

Posté par fliwer à 23:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


Commentaires sur Xavier DURRINGER

Nouveau commentaire