Nicolas FARGUES

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"Pendant tout ce temps, toutes ces années, j'étais juste derrière toi, pas très loin, et tu ne m'as pas vue. C'était l'évidence même, toi et moi, mais on se ratait à chaque fois. Maintenant, me voilà, je suis là, et je compte bien te le faire savoir, la balle est dans ton camp, tu ne pourras pas dire que tu n'as pas été prévenu et te lamenter d'être passé à côté de la chance de ta vie. "

"...j'en crevais à petit feu dans ma tête, je me sentais chaque jour vidé de mon sang, j'avais jour et nuit une boule à l'estomac, tu sais, la boule que t'as là et qui ne te lâche plus, le mal-être mental directement transformé en douleur physique objective, tu vois ce que je veux dire?"

"Là toi tu joues plus, là tu comprends qu'on puisse se prendre les tempes dans les mains et hurler de douleur, tout casser autour de soi et aller se foutre sous les roues de la première bagnole venue, que ce n'est pas qu'au cinéma que ça arrive, que les acteurs n'ont rien inventé. Tu découvres les sensations extrêmes de l'humain, tu te découvres vivant, fragile, tu oublies ton ironie fadasse d'avant les problèmes et tu en prends plein la gueule."

"Pour la première fois, la confusion est un refuge, elle brouille ma douleur, je m'endors."

"Je sens qu'au-delà d'une réciproque attirance physique, au-delà des joutes superficielles de séduction, elle aussi cherche à m'identifier, je sens qu'elle traque en moi la faute de goût mais dans l'espoir grandissant qu'il n'y en aura pas. Que, comme moi, entre prudence et incrédulité amusée, elle coche mentalement une à une les cases de tous les paramètres indispensables du type exceptionnel et qu'elle s'étonne autant que moi d'elle de le trouver en face, aujourd'hui..."

"J'essaye d'enregistrer calmement le maximum de détails possible, sachant d'ores et déjà que, plus tard, lorsque tout ça sera réduit à un puissant souvenir de mes sens, à de la pure nostalgie, je m'en voudrai de ne pas y avoir goûté plus consciemment sur le moment."

"A chacune j'ai dit: "Tu es la femme de ma vie". Et, je te le répète, à chaque fois, ce ne sont pas que des mots, c'est pour la vie que je m'engage, à chaque fois, je mets le paquet. Je préfère me forcer un peu, mentir, me faire passer pour un être exceptionnellement épris et disponible au risque d'y engager ma vie, sans chercher à tout prix à me protéger, plutôt que de ne laisser dès le départ aucune place à l'illusion, plutôt que de rester sur mes gardes et de ne provoquer aucune passion. Je ne suis pas fait pour l'amour raisonnable, je ne supporte pas la tiédeur, la médiocrité et la prudence."

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